Pigeons : diminuer la surpopulation à l’aide de graines contraceptives

Ixelles va développer un vaste programme de distribution de graines contraceptives pour pigeons sur l’ensemble de son territoire. Objectif : diminuer leur population de 80% en 5 ans (30% en 1 an). Un projet initié par les échevins Yves Rouyet (Bien-être animal) et Nabil Messaoudi (Propreté publique).

La capture pure et simple et l’euthanasie, pratiques courantes jadis et souvent cruelles, outre qu’elles étaient inacceptables du point de vue du bien-être animal, s’avèrent assez inefficaces. En effet, de nouveaux pigeons remplacent rapidement les populations éliminées.

La stratégie de contraception consiste à diminuer la population de pigeons, dans le respect du bien-être animal et sans l’éradiquer afin « d’occuper le terrain ». En nombre limité, les pigeons redeviennent de « simples » oiseaux et peuvent ainsi retrouver leur place en ville.

Cette méthode nouvelle est recommandée par de nombreux organismes spécialisés (par ex. le Conseil flamand du bien-être animal ou l’asbl de défense des animaux GAIA). Bruxelles-Ville, Tongres, Leuven ou Venise utilisent déjà ces graines contraceptives et leurs retours sont très positifs.

La gestion des populations des pigeons est une question récurrente dans la plupart des zones urbaines, depuis des décennies. En effet, le pigeon est très enclin à se reproduire (5 à 7 nichées de deux pigeonneaux par an et une période de reproduction de 8 mois/an) et très résistant aux conditions de vie les plus difficiles. Il est domestiqué par l’être humain depuis très longtemps et dépendant de la nourriture que ce dernier lui procure. Une surpopulation de pigeons est constatée dans la plupart des villes et notamment à Ixelles.

Les causes de la surpopulation de pigeons
  • abandon progressif de l’usage du pigeon domestique après la guerre : sans utilité, l’animal est retourné à l’état sauvage et s’est établi dans nos villes ;
  • abandon des pigeons de compétition par les colombophiles (parmi les pigeons recensés beaucoup sont bagués) ;
  • surabondance en ville de déchets alimentaires domestiques ou issus de l’HoReCa;
  • absence de prédateurs ;
  • excellente adaptation au milieu urbain, notamment sur les immeubles en béton qui servent de perchoir et de lieu de nidification ;
  • nourrissage intempestif par des citoyen-ne-s (notamment avec du pain qui provoque des problèmes digestifs chez les pigeons, d’où la nature des fientes).
 A Ixelles, le nombre d’individus a été estimé pour les quartiers suivants :
  • Etangs /place Flagey : 300
  • Place Fernand Cocq : 120
  • Cimetière d’Ixelles/Petite Suisse : 100
  • Place Stéphanie : 60
  • Carrefour Bailli/Louise : 60
  • Quartier Châtelain : 60
  • Rue de Hennin/Lesbroussart : 60
  • Place Blyckaerts/Rue Malibran : 60
Distribution de graines contraceptives

Avec la contraception, il est possible de maîtriser la population de pigeons de manière efficace et responsable d’un point de vue éthique (respect du bien-être animal). Elle permet d’obtenir une population de pigeons stable et saine à long terme.

Les graines contraceptives, (« R-12 » – médicament vétérinaire) se présentent sous la forme de grains de maïs recouverts d’une légère dose de contraceptif sans aucun danger pour l’animal (à effet totalement réversible) :

En absorbant ces graines, pendant la période de reproduction, le groupe dominant (pigeons « alphas » – les seuls qui se reproduisent et se nourrissent en premier) qui représente 15% de la population reçoit automatiquement la bonne dose de substance active (R-12).

Avec ces graines contraceptives, les résultats sont rapidement visibles, au cours de la première année, la population pourrait diminuer de 20 à 30 %, après 4 ans, la réduction de la population initiale pourrait même descendre jusqu’à 80 %. Elle  ne présente aucun danger pour les autres espèces, l’humain ou l’environnement.

Méthode de travail

  1. mettre en place un monitoring de l’évolution de la population de pigeons (quantitative et géographique) en partenariat avec Bruxelles Environnement, la Ligue Royale Belge de Protection des Oiseaux, les cellules Qualité de la vie, Bien-être animal, Propreté publique et le Conseil consultatif du Bien-être Animal d’Ixelles ;
  2. initier une collaboration avec les communes voisines, en particulier la Ville de Bruxelles, dans la mesure où certains lieux de concentration de pigeons sont limitrophes (place Stéphanie, rue du Bailli,…)
  3. déterminer les lieux où installer les distributeurs automatiques de graines
  4. communiquer sur l’interdiction de distribution de nourriture par la population
  5. installer des dispositifs dissuasifs sur les bâtiments les plus fréquentés par les volatiles

illustration : Sylvie Vartan à Venise, collection Yves Rouyet

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